L'assurance retraite

Le régime de l'assurance retraite, en France, se compose de deux formules distinctes, le premier, qualifié de régime par répartition, régit les retraites de base, ainsi que les retraites complémentaires, en s’appuyant sur les cotisations sociales obligatoires versées par tous les actifs, pour tous les retraités, et le second, désigné, cette fois-ci, par le terme de régime par capitalisation, est, quant à lui, utilisé dans le cas des retraites supplémentaires, et propose à chacun de constituer sa propre épargne. Montrant ses limites, le régime par répartition est aujourd’hui appelé à être réformé, pour favoriser davantage l’épargne salariale et le régime par capitalisation.

L’épargne salariale, tout d’abord, permet au salarié de préparer son avenir, de manière efficace, avec l’aide de l’entreprise dont il fait partie. Cette dernière peut, en effet, lui proposer de se constituer un capital à moindre coût, en prenant en charge les frais de tenue de compte, et en complétant les versements de l’épargnant par un abondement, qui se trouve être, en plus, exonéré de l’impôt sur le revenu, de la même manière que le sont l’intéressement et la participation aux bénéfices, ainsi que les plus-values générées. Cette solution permet donc, par l’intermédiaire de différents formules, telles que l’article 39, l’article 83, le Plan d'Epargne Retraite Entreprise (PERE), le Plan d'Epargne Retraite Populaire (PERP), ou encore le Plan d'Epargne Retraite COllectif (PERCO), de profiter d’une épargne à la fois souple, puisque les versements y sont effectués au rythme de l’épargnant, et performante, en donnant accès aux marchés financiers, par l’intermédiaire d’une gamme de placements spécialement sélectionnés et particulièrement attractifs.

S’opposant au régime par répartition, qui réunit l’ensemble des cotisations payées par les actifs, avant de les répartir entre tous les retraités, le régime par capitalisation consiste, pour sa part, dans le prélèvement de fonds sur les revenus du salarié, afin de lui servir ensuite à financer sa propre retraite. Du fait de l’importance des montants qui sont en jeu, la gestion du régime par capitalisation reste soumise à des règles strictes et à un certain nombre de contrôles. Ce système peut ainsi être individuel, chaque salarié gérant alors lui-même son capital, ou collectif, la charge de celui-ci étant, dans ce cas-là, confiée à un fonds de pension, représenté par l’entreprise, par un organisme spécialisé, ou bien encore par l’Etat. Cette épargne peut ici prendre plusieurs formes distinctes, celle, par exemple, d’un compte-titres, d’un bien immobilier, dans le cadre d’une gestion individuelle, ou encore d’une assurance vie, d’un fonds d’investissement, lorsque la responsabilité de celle-ci est remise à des gestionnaires spécialisés.

Très utilisées au début du XXe siècle, ces solutions ont été abandonnées progressivement en France, mais aussi dans l’ensemble de l’Europe, du fait notamment de la crise économique et financière de 1929, mais aussi de la seconde guerre mondiale, avant de réapparaître, en Suède, puis en Allemagne, à la fin des années 1990. Les défenseurs du régime par répartition critiquent, aujourd’hui, ces deux formules, tant l’épargne salariale, que le régime par capitalisation, en démontrant qu’elles restent extrêmement sensibles aux crises financières, et qu’elles risquent alors de pénaliser les épargnants, menacés de voir disparaître leur capital, et par conséquent, leur pension de retraite.